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Experts en charge des dossiers de fraude

Experts en charge des dossiers de plagiat

Référent : Nadine Eck

Procédure :

2 jours de formation à Genève

Études de cas

Revue des connaissances acquises

Interaction avec les experts de l’IRAFPA

Suivi de la situation

Assistance à la mise en place du programme

Intervention à la demande de l’expert

Contrôle des progrès à la fin des années 1 et 2

Suivi documentaire annuel 19

Revalidation de la certification après 3 ans.

Principes Directeurs

1 – Les textes expertisés

La liste des textes relatifs aux plagiats rapportés est fournie par le requérant. Elle est rarement exhaustive. Cependant, une fois le mode opératoire du plagieurs détecté dans un texte, il est généralement facilement reconnu dans tous les autres écrits.

Le choix des échantillons analysés dans un texte. Le dossier constitué doit être conduit pour répondre aux exigences de fiabilité, validité et robustesse. Ainsi les échantillons de textes analysés l’être aléatoirement des échantillons dans un ensemble de données. Les échantillons étant représentatifs de l’ensemble du texte d’où ils sont extraits les résultats seront généralisables à l’ensemble de l’écrit analysé.

l’Usage de logiciels de détection. si les logiciels de détection de similarités sont indispensables pour éviter la fraude massive qui se produit dans des univers non contrôlés en aucun cas ils ne prétendent éradiquer le problème en détectant tous les cas de plagiat, même s’ils progressent au même rythme que les astuces des fraudeurs.

2 – La réalisation des tableaux comparatifs

  • Les tableaux en 3 colonnes présentent des extraits de textes mis en parallèle. Y sont comparés des extraits du texte plagiaire (première colonne) avec des extraits des textes-sources (deuxième colonne).
  • Les mots ou les phrases qui sont identiques dans les deux textes sont indiqués en rouge : il peut s’agir d’éléments rédactionnels, de traductions, de notes de bas de page ou d’illustrations diverses (images, tableaux, graphiques) qui ont été, pour tout ou partie, reproduits verbatim dans le texte plagiaire.
  • En vert, sont identifiés les éléments provenant du texte-source mais qui ont fait l’objet d’une reformulation (paraphrase ou synonymie).
  • Le texte-source a parfois été l’objet d’inversions : le début des phrases inversées est alors indiqué par un surlignage jaune.

3 – La qualification du mode opératoire

La troisième colonne du tableau est destinée à préciser le(s) mode(s) opératoire(s) identifié(s). Elle peut être enrichie par un commentaire de l’auteur plagié. Ce mode opératoire sera retrouvé dans la majorité des textes écrits par l’auteur plagiaire puisqu’il s’agit d’une habitude de travail.

 

  • Les modes opératoires et les indices relatifs à l’intentionnalité du comportement plagiaire 
  • Mode opératoire 1 : reprises textuelles sans masquage élaboré. Les principales techniques utilisées sont : le plagiat verbatim ou le copier coller d’une ou plusieurs phrases ou expressions sans guillemets et sans citer la source, la traduction de textes écrits dans une langue étrangère sans guillemets et sans citer la source, le résumé d’un texte sans en citer l’auteur
  • Mode opératoire 2 : procédé de masquage par des techniques simples ou relativement complexes, pouvant se combiner. Les principales sont : allègement du texte plagié, résumé partiel, synonymie, alternance de plagiats verbatim et de paraphrases, déplacement ou interversion de mots, expressions, propositions ou phrases (sur le type moliéresque « Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour »/« Vos beaux yeux, belle marquise, d’amour me font mourir »),transport d’une note de bas de page dans le corps du texte (et inversement), ajout ponctuel de notations personnelles, légères trahisons du modèle (1850 devient 1849), changement du temps, mode ou voix des verbes, changement de mode (affirmatif, négatif, interrogatif) d’une phrase, renvoi à d’autres sources que la source plagiée – ces autres sources pouvant elles-mêmes être plagiées – pour ne pas faire naître le soupçon de plagiat.
  • Mode opératoire 3 : camouflage recourant à des techniques sophistiquées : L’une des plus courants consiste à créer un texte patchwork (de la dimension d’une page, par exemple) composé de bribes de textes empruntées soit à plusieurs auteurs-sources, soit à divers passages d’un même auteur-source situés à des endroits très différents. Inversement, un texte continu d’un auteur-source peut être éclaté en bribes disséminées à divers endroits du texte plagiaire, où il peut même se combiner avec des bribes d’un autre auteur-source.*
  • Mode opératoire 4 : appropriation de la pensée/expression d’un auteur : Il s’agit d’un plagiat qui peut prendre la dimension d’un livre. Le plagiaire recopie ou paraphrase un auteur de renom dont il a pleinement assimilé les mécanismes de pensée et les caractéristiques stylistiques. Cette reproduction à l’identique, sur une échelle qui peut être grande, se fait sans indiquer l’auteur-source ou/et en affichant une obédience soit au modèle copié, soit à l’école de pensée représentée par ce modèle (le plagiaire se dira par exemple « bourdieusien » ou « poppérien »)
  • Mode opératoire 5 : appropriation de données non littéraires. Cmode opératoire, qui peut être pratiqué dans tous les champs du savoir, concerne plus particulièrement les sciences dites « dures ». Il consiste à s’approprier des données de toutes sortes qui ne relèvent pas de l’expression littéraire comprise au sens large. Parmi ces données, on relèvera, entre autres : les démonstrations, développements, passages formulés dans des langages spécifiques (mathématiques, physique, etc.), les schémas, courbes, graphiques, tableaux, plans, illustrations, dessins, cartes, photographies, etc.

4 – Les dix conséquences potentielles d’un comportement plagiaire

Vérifier ici laquelle ou lesquelles des conséquences sont impactées par le comportemant palgiaire

4.1 Le plagiat est un vol d’une création originale. Plagier revient à faire disparaître l’auteur d’origine aux yeux de la communauté. Car le plagiat est davantage que le vol d’une œuvre : il est l’appropriation de la paternité d’une œuvre.

4.2 Le plagieur s’inscrit en faux vis-à-vis du droit fondamental du lecteur. Un comportement plagiaire rompt le fondement même du savoir. Refuser à celui qui nous suit, à notre lecteur, l’accès aux écrits de ceux qui nous ont précédés et aidés à construire nos pensées et nos écrits, c’est couper le lien de la connaissance académique. Citer ses sources n’a pas pour raison de légitimer d’autorité un argument, de rendre hommage aux auteurs et encore moins de favoriser leur indice de citation international. Citer ses sources ancre les propositions dans le cadre d’une réflexion qui ne saurait être individuelle.

4.3 Le plagiat porte atteinte au droit ultérieur de l’auteur. Quand il y a vol d’idées originales d’un auteur, non seulement la victime est dépossédée du résultat de plusieurs années de recherche, mais, en outre, si elle persiste à vouloir publier sur son thème spécifique, elle sera contrainte de citer systématiquement son plagieur puisqu’il a l’antériorité de l’écrit.

4.4 Le plagiat vide le sens d’une œuvre. Le comportement plagiaire se caractérise, dans la très grande majorité des cas, par des emprunts, ici et là, à des œuvres antérieures. La mosaïque des emprunts divers consiste à mettre bout à bout des paragraphes ou parties d’écrits de divers auteurs pour donner l’apparence d’un corpus cohérent. Mais un sens véritable ne peut être révélé par un simple procédé d’écriture par mosaïque d’une œuvre.

4.5 Le plagiat est une fraude vis-à-vis du système. L’inflation du nombre de publications dans les curriculum vitae des plagiaires leur permet d’en multiplier aisément le nombre de lignes. Des commissions de promotion ou de recrutement leur offrent sur cette base, des postes qu’ils n’auraient pas dû obtenir. Le plagiat entraîne donc une iniquité de traitement qui favorise le tricheur au détriment de l’auteur honnête.

4.6 Le plagiat incite à la recherche bâclée. Pourquoi une personne qui n’a pas de scrupule à s’approprier des modèles d’autres chercheurs, des bibliographies ou à tricher sur ses propres publications en aurait-elle pour la partie empirique de son travail ? et Vice-versa.

4.7 Le plagiat provoque un dysfonctionnement des éditeurs. Le plagiat provoque ainsi de nombreuses turbulences dans le processus linéaire de production des éditeurs : ils sont soumis à de fortes contraintes lorsqu’il s’agit de retirer un article ou un livre et les rédacteurs en chef prennent toutes les précautions avant de le faire. Pendant ce temps, les plagieurs voient leur indice de citation croître et les plagiés rongent leur frein.

4.8 Le plagiat inhibe des chercheurs compétents. En jetant l’opprobre sur une profession, le phénomène fait naître des rumeurs à propos de personnes qui ne sont pas coupables. Des intérêts qui n’ont rien d’académique animent des traqueurs de plagiat et incitent une certaine presse à faire feu de tout bois et à relayer des cas n’ayant fait l’objet d’aucune analyse sérieuse. Et la peur de publier peut s’installer chez des chercheurs honnêtes.

4.9 Le comportement plagiaire porte atteinte à l’image des établissements. Lorsqu’il est révélé par les médias, le plagiat nuit aux collaborateurs et aux étudiants de l’institution et à sa notoriété. Par ailleurs, les fuites éventuelles dans la presse, mais aussi dans les communautés scientifiques et sur les réseaux sociaux, peuvent nuire à des relations futures. Ainsi, des chercheurs de qualité peuvent hésiter à poser candidature auprès d’un établissement faisant l’objet de rumeurs persistantes en la matière.

4.10 La lutte anti-plagiat coûte cher. Dans tout établissement universitaire qui choisit de lutter contre le plagiat, l’enquête diligentée au sujet d’un présumé plagieur nécessite la formation d’une commission qui se livre à des investigations longues et coûteuses. Nul ne chiffre aujourd’hui les salaires des avocats et des enquêteurs associés, le temps perdu par les directeurs de recherche et autres parties prenantes.

 

5 – L’information aux victimes identifiées et les recommandations finales

5.1 Identification des préjudices : ceux de s auteurs victime s du plagieur, ceux du lecteur, qui subit une atteinte à son droit fondamental d’accès à l’origine des sources, ceux de l’organisation affecté e par une fraude permetant à son auteur de bénéficier d’une position sociale et/ou professionnelle à laquelle

5.2 les mesures de réparation : La contextualisation est ensuite indispensable avant de proposer des mesures de réparation. Ainsi, les responsabilités en cas de conduite déviante, les négligences ou complicités présumées sont mises en exergue à ce stade.

5.3 Pacifier les communautés : proposer aux responsables administratifs et académiques qui sont saisis du/descas d’engager les actions proportionnées aux faits de plagiat constatés, aux circonstancescontextuellesdu comportement révélé et aux principes fondamentaux de l’équité.